Michel Bussi

Le succès simplement

Originaire de Normandie, Michel Bussi est devenu en quelques années l’un des auteurs français les plus lus.
Véritable maître de l’énigme, ses romans à suspens se vendent en millions d’exemplaires. En 2011, Nymphéas noirs, signe son premier succès national et lui vaut de très nombreux prix. S’en suivent Un avion sans elle (2012),
Ne lâche pas ma main (2013), N’oublier jamais (2014), Maman a tort (2015), Le temps est assassin (2016),
On la trouvait plutôt jolie (2017), Te souviens-tu, mon Anaïs ? (2018), Sang Famille (2018),
autant de romans qui feront la renommée de l’écrivain. 

[EXTRAITS]

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Il y a encore 2 ans, vous conjuguiez professeur de géographie à l’Université de Rouen et directeur d’un laboratoire au CNRS parallèlement à votre métier d’écrivain. Comment vous est venue l’envie d’écrire ? 

Cette envie ne s’est pas déclenchée du jour au lendemain, c’est quelque chose que j’avais en moi depuis très longtemps. Je n’ai jamais cessé d’écrire. La vie a seulement fait que je n’ai pas publié de livre dès le départ mais je rêvais de le faire.

Certains de vos romans se situent en Normandie, votre région natale, comment choisissez-vous le lieu de vos histoires ?

Je commence d’abord par échafauder l’histoire et le lieu s’impose de lui-même. C’est un peu comme rechercher l’acteur idéal pour un film. Mes premiers romans se sont passés en Normandie de façon naturelle puisque c’est là où j’ai grandi. Si j’ai la possibilité de choisir des lieux qui me sont familiers avec lesquels je suis en mesure de faire des descriptions assez fines, pourquoi aller chercher ailleurs. 

Mon premier roman se déroulait sur les plages du débarquement en Normandie. Il y a quelque chose d’universel avec cette région, souvent lorsque mes histoires peuvent avoir lieu n’importe où, je retourne systématiquement à ce coin de France. 

 

Selon le Figaro, vous êtes le troisième écrivain français le plus lu en 2017 avec près d’un million d’exemplaires. Quelle satisfaction cela vous procure ? 

Ce succès est venu progressivement. Cela donne forcément une certaine légitimité même si cela reste très virtuel. Je ne me dis pas chaque jour que j’ai vendu un million d’exemplaires, ce n’est pas une chose à laquelle je pense spécialement. Cela ne change en aucun cas mon quotidien mais me donne l’envie de continuer d’écrire. Cet aspect de notoriété devient plus concret lorsque je me rends en librairie à la rencontre de mes lecteurs. 

 

Pourrait-on dire que vos livres sont plutôt du style polar ? Comment les qualifieriez-vous ? 

Je ne considère pas que mes romans appartiennent au policier, il s’agit plus d’intrigues. Je ne pense pas non plus que mon public soit de grands lecteurs de polar. L’écriture de mon premier livre tournait autour d’une enquête mais il y avait également des données géographiques et historiques. Presque aucun de mes romans n’a pour héros un flic, ce que j’aime c’est l’idée de suspens. Il y a des tas d’auteurs comme Victor Hugo, William Shakespeare, dont les livres tiennent en haleine sans pour autant les considérer comme des policiers bien qu’il y ait des meurtres, de la vengeance ou du secret. 

Votre dernier livre, Les contes du réveil matin, est d’un autre genre littéraire que les précédents. Comment s’est passé cette nouvelle approche ? 

Oui, c’est un recueil de contes donc ce n’est pas tout à fait la même veine. L’avantage du conte est qu’il accorde une place de choix à l’imaginaire. Néanmoins, il y avait déjà dans mes romans une grande part d’enfance et de merveilleux. L’écriture ne fut pas si différente que ça, je souhaitais simplement être au plus près de l’imaginaire de l’enfant. J’espère que ceux qui ont aimé mes romans apprécieront ces contes et les liront à leurs enfants. 

Quel est votre livre préféré ? 

Il y en a beaucoup mais je dirais Un long dimanche de fiançailles de Sébastien Japrisot. C’est justement ce roman qui m’a donné l’envie d’écrire. Je lis tout type de littérature et aime varier les lectures, du moment qu’il y ait de l’imaginaire. J’affectionne particulièrement les romans français qui ont une plume singulière. Mon choix se porte souvent sur la littérature populaire. En général, les livres encensés par les critiques me tombent des mains et inversement.

 

Votre dernier coup de cœur littéraire ? 

Changer l’eau des fleurs de Valérie Perrin. Elle a d’ailleurs reçu le prix 2018 de la Maison de la Presse pour cet ouvrage. C’est un superbe livre comme Les oubliés du dimanche, son premier roman.

 

Votre philosophie ?

Je dis souvent « Born to run ». Cela fait référence à l’un des titres d’une chanson de Bruce Springsteen. J’aime l’idée d’être né pour courir. 

 

Vos projets ?

La parution de mon dernier roman J’ai dû rêver trop fort aux Presses de la Cité en librairie le 14 mars prochain. Il va être un peu différent des autres mais je ne peux en dire plus pour le moment. Il y aura également la sortie de la bande dessinée adaptée de mon roman Nymphéas Noirs pour le festival d’Angoulême fin janvier. C’est un joli projet menait avec le dessinateur Didier Cassegrain.

 

Propos recueillis par Alice Temmerman