Frédérique Bedos

Il y a mille et une façons d'aider son prochain, à chacun de nous de s'imaginer la nôtre.

L’Amour avec un grand A

Après avoir passé son enfance dans la région lilloise, Frédérique Bedos est propulsée dans l’univers médiatique où elle devient animatrice pour la télévision et la radio. Aujourd’hui, c’est avec ferveur qu’elle a lancé Le Projet Imagine, une ONG d’information dont la particularité est de faire du journalisme avec espérance notamment en nous emmenant à la rencontre de « héros anonymes ». Réalisé en 2014-2015, son documentaire « Des Femmes et des Hommes » sélectionné au Festival de Cannes 2016 est aujourd’hui une référence sur le sujet des droits des femmes dans le monde. Comme un point d’honneur à son engagement, l’Institut Catholique de Lille a nommé Frédérique Bedos Docteur Honoris Causa le 18 septembre dernier.

[EXTRAITS]

Pour consulter l'article dans son intégralité : Frédérique Bedos, l'amour avec un grand A

 

Le public te découvre pour la première fois comme journaliste et présentatrice à la télévision et à la radio où tu animes notamment de nombreuses émissions en prime time. Comment décrirais-tu ces années sous les feux de la rampe ?

Me retrouver dans les médias n’était pas un rêve, cela s’est fait par une rencontre magique lorsque j’étais étudiante à l’école du Louvre. Un midi alors que je déjeunais avec une amie, le fondateur d’une chaîne américaine me repère et vient me voir me disant « You’re the one I want ». D’abord surprise, c’est comme ça que je suis partie à New York et que ma carrière a commencé. J’avais 23 ans, je n’y connaissais rien, j’ai tout appris sur le tas.

Peu à peu tu rêves d’un «journalisme d’espérance» qui rend compte de la bonté et de l’humanité du monde. C’est à ce moment-là que se dessine Le Projet Imagine en 2008. En quoi consiste cette ONG d’information ?

Le Projet Imagine vient d’un constat que je me suis fait lorsque je travaillais encore pour les médias traditionnels. Je me suis rendue compte que la télévision, véritable fenêtre sur le monde, diffusait toujours plus d’images violentes provoquant la peur dans les cœurs. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à me dire qu’il y avait peut-être une autre façon de faire du journalisme, un journalisme d’espérance qui donne à chacun l’envie d’agir et de s’engager. C’est en juin 2008 que je me lance véritablement dans l’aventure. Je crée cette ONG d’information qui met en lumière des héros de l’ombre dont personne ne parle et qui agissent à leur manière pour le bien d’autrui. C’est pour cela que cela s’appelle Le Projet Imagine, parce qu’il y a mille et une façons d’aider son prochain, à chacun de nous de s’imaginer la nôtre.

Qui sont ces héros du quotidien dont tu peins le portrait et comment pars-tu à leur rencontre ?

Quand j’ai commencé l’aventure, j’avais déjà en tête des hommes et des femmes engagés dans le dépassement de soi, dans le don à l’autre. Dès que j’ai commencé à mettre en ligne les premiers films à leur égard, il y a eu un engouement tellement fort de la part du public qu’il me faisait part à son tour de ses recherches sur ces héros anonymes.

En chacun de ces «héros anonymes» se reflète une partie de ton histoire, celle de ton enfance et de ta rencontre avec Marie-Thérèse et Michel, qui deviendront tes parents. Quel type de héros étaient-ils ?

Des gens simples, jeunes mariés, sans aucune fortune personnelle mais qui ont eu l’audace de vivre l’Amour avec un grand A. J’ai toujours entendu ma mère dire que les mots « amour » et « accueil » étaient la même chose. Aimer l’autre, c’est l’accueillir dans tout ce qu’il est, dans toute sa différence et c’est ce qu’ils ont fait pour mes 19 frères et sœurs et moi en poussant les murs de leur petite maison. Nous venions de tous continents, de toutes ethnies, de toutes cultures, de toutes religions, de toutes formes de blessures et pourtant ils nous ont tendu les bras.

En mai 2018, ton film sur Jean Vanier, «Jean Vanier, le sacrement de la tendresse», a été sélectionné au Festival de Cannes et sortira sur grand écran à la rentrée 2019. Il évoque le parcours singulier de cet homme, fondateur de l’Arche, qui accueille des personnes en situation de handicap mental. Comment as-tu pensé ce film avec Jean Vanier ? 

Cela aurait été incroyable de passer à côté, parce que Jean Vanier n’est ni plus ni moins que le Mère Teresa d’aujourd’hui. Je voulais lui donner l’occasion de transmettre un message universel et de s’exprimer sur les enjeux les plus brûlants de la société. Pour ce faire, nous sommes partis tourner à l’Arche de Bethléem, de Calcutta, dans ces endroits où se terrent quotidiennement des conflits entre les peuples. Ce film est un véritable plaidoyer pour la paix. J’ai mis 3 ans à le réaliser.

Comment imagines-tu le monde
de demain ?

Un monde où l’on pourra enfin faire famille humaine parce que l’on aura fait tomber les frontières. C’est le défi auquel on est appelé. Il suffit juste d’une poignée de gens qui portent en eux cette vérité avec une détermination sans faille pour que cela fasse boule de neige.

 

Ta devise ?

J’aime beaucoup cette phrase de Mark Twain « Ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait ».

 

   contact@leprojetimagine.com

 

Propos recueillis par Alice Temmerman