« Coup de gueule / Coup de cœur » d’un passionné de la Côte d’Opale…

La balade en mer, si chère à Alain et Benjamin Delpierre, peut aussi se transformer en escapade fromagère le long du littoral des Hauts-de-France... pas toujours besoin d'aller bien loin pour s'évader !

 

La diversité des territoires du littoral nous propose une riche palette gustative. Avant de rentrer dans les détails de ce plateau de bord de mer, il me semble indispensable de vous mettre en garde face aux "inventions du marketing fromager", productions souvent récentes... bref, des "attrapes touristes" !

Certaines marques - car ce sont bien des marques commerciales - reprennent et déclinent à outrance les noms de villes et villages touristiques pour... proposer des "cadeaux-souvenirs"... dénués de liens historiques avec le site en question !

Une même fabrication, une forme et/ou une couleur de pâte différente, et hop ! Le tour est joué... En bon gastronome, ne tombez pas dans le piège de ces "fromages-souvenir", souvent au lait pasteurisé...

Heureusement, les vrais et bons fromages de la Côte d'Opale, sont bien là pour nous rappeler toute la diversité de notre territoire ! Morceaux choisis...

 

Le Bergues Fermier au lait cru :

Ce fromage domestique est souvent fabriqué à partir de lait de vache écrémé (de 10 à 20% de matière grasse). Léon Morel, écrivain régional, le décrivait de la sorte : « Fromage irrégulier de paysans des Flandres utilisant les sous-produits de leur lait, le Bergues reste souvent crayeux comme les pignons des vieux pigeonniers ». Il était surtout proposé sur les tables flamandes lors des repas d’enterrement, en casse-croûte ou cuisiné ; les marins dunkerquois en partance pour Terre-Neuve avaient coutume de l’emporter.

 

Le Crémet du Cap Blanc Nez :

Ce fromage au lait cru fut mis au point dans les années 1990 pour pleinement révéler la qualité des herbages de la terre des 2 caps. Assez proche du Chaource dans sa texture, et de la forme d'un gros Gaperon auvergnat, c'est surtout par le caractère iodé de sa flaveur qu'il se distingue. Affiné 3 à 4 semaines, il pourra vous proposer une pointe d'amertume caractéristique du territoire.

 

 

Le Saint Romain de la Terre des 2 Caps :

La tradition des bocages du boulonnais repose sur la fabrication quasi domestique de fromages de petits formats, plutôt ronds, pour nourrir les ouvriers agricoles d'exploitations à taille humaine... pour chaque repas, la ration de protéines était souvent apportée par le fromage : environ 100g par personne et par repas. C'est une rencontre avec un agriculteur engagé et notre famille qui refit naître cette tradition et coutume locale. Affiné plusieurs semaines, ce fromage au lait cru se conserve d'autant mieux et développe un bel équilibre des saveurs.

 

Le Vieux Boulogne artisanal :

Ce fromage à pâte légèrement pressée est produit dans une petite ferme du Pays Boulonnais. Sa fabrication à base de lait des vaches broutant les prés salés du bord de mer et son affinage de plus de 5 semaines lui donnent un vrai caractère : c'est le relavage de sa croûte chaque semaine à base d'une eau salée et de bière artisanale qui lui donne tout son caractère. Sa recette fut mise au point sur la base des écrits d'un des préfets du Pas-de-Calais relatant son plaisir à le déguster dès qu'il se rendait en terres boulonnaises... Il fut élu "fromage le plus odoriférant du monde" suite à une étude britannique. Tout un programme !

Par Romain Olivier