Alexandre Hébert

Le rire au bout des doigts !

Un crayon à la main depuis tout petit, Alexandre Hébert, plus connu sous le nom d’« Alex », est devenu dessinateur un peu à ses dépens. Même s’il passe son temps à dessiner tout ce qui l’entoure et à en faire rire,
Alex envisage d’abord de s’orienter vers l’écriture ou les voyages. Il fait ses débuts à Lille, d’abord à La Voix de l’Etudiant puis au Conseil Général du Nord, avec la réalisation d’une BD auprès des jeunes. Ce sera son déclic ! Alex est aussi et avant tout LE dessinateur du Courrier Picard. Fidèle au poste tous les jours depuis plus de quatorze ans, il prend plaisir à nous faire rire de l’actualité et forcer le trait de certaines personnalités. Grand amoureux de la nature, il vit en Baie de Somme, son port d’attache où il s’épanouit en famille entre son travail et ses passions.

[EXTRAITS]

Pour consulter l'article dans son intégralité : Alex Le rire au bout des doigts !

Ce métier de dessinateur, c’est un beau concours de circonstances, racontes-nous ? 

En fait depuis tout petit, j’ai toujours eu un crayon à la main, pour croquer les personnes qui m’entouraient, les profs, les copains, une scène qui me faisait marrer. Mais au départ j’étais plus attiré vers l’écriture et les voyages. Mon rêve à l’époque était de travailler dans une émission comme Ushuaïa. J’ai d’ailleurs fait des stages à la production de Thalassa avec Henri Sannier. Parallèlement, je continuais à dessiner mais je gardais cela en passe-temps, même si mes profs me motivaient à aller dans cette voie. Je bossais un peu pour La Voix de l’Etudiant, quelques dessins une fois de temps en temps et puis un jour le Conseil Général du Nord m’a contacté pour que je réalise une BD à destination des jeunes afin de rajeunir leur image. Ça a été le déclic : non seulement je me suis rendu compte que je pouvais vivre de ce métier de dessinateur mais aussi et surtout que j’y prenais plaisir.

Une fois la BD terminée, j’ai voyagé pour réfléchir sur mon avenir professionnel et c’est en rentrant de ce voyage que j’ai décidé de m’installer comme dessinateur. Ensuite, j’ai travaillé avec des magazines comme Marianne ou Science & Vie Junior. De temps en temps France 3 m’appelle pour les élections et il y a aussi la télévision, avec Anne Roumanoff il y a quelque temps ou Laurent Ruquier. Plus récemment Paris Première pour La Revue de Presse et surtout le Courrier Picard avec qui je collabore maintenant depuis quatorze ans !

 

Y a-t-il des personnages ou des sujets qui t’inspirent plus que d’autres ? 

Principalement, je dirais tout ce qui a trait aux affaires. Non pas que je cherche le malheur des gens mais il y a un exemple que je donne souvent : un président de la République qui va livrer des croissants en scooter, c’est un truc improbable ! Tu aurais vu cela dans un film des Charlots, personne ne l’aurait cru, c’est livré sur un plateau. Sa nana qui balance tout ensuite dans un bouquin, faut le faire ! Le côté Hollande, ce côté benêt, ce mec qui a accédé au poste le plus sérieux... Ça devient un Vaudeville, un sketch permanent ! Quand il sort, il se prend la pluie, il change trois fois de costume.

Il prend l’avion et se fait cramer en plein vol par la foudre ! Dès le début je l’ai appelé François Pignon. Et pendant cinq ans ça n’a pas arrêté, donc oui en dessin tu as de quoi faire. Pour Macron, j’ai un peu plus de mal dans la mesure où toute sa communication est verrouillée… Même ses ministres on les connaît mal, j’ai fait des dessins avec deux d’entre eux, on m’a demandé qui c’était ! Pour Macron tu peux t’amuser avec le côté « maman–fifils » … mais bon tu le fais une fois après c’est bon, tout le monde s’y met, avec Hollande et Sarkozy comme présidents j’avais plus de matière ! 

Tu dessines pour la presse, la télévision… Tu as d’autres projets ?

Tout ce qui m’est arrivé depuis que je bosse dans le dessin est un beau concours de circonstances. J’ai fait de très belles rencontres et j’ai beaucoup de chance de travailler avec des tas de gens qui ne se prennent pas la tête. Ensuite, au niveau des envies, j’aimerais bien faire un bouquin sur la bouffe qui allie dessins, photos et humour. Quand je dis la bouffe, je ne désigne pas des recettes de cuisine, mais un livre pour contrer la malbouffe, faire en sorte que les gens comprennent que la malbouffe n’est pas la norme. Si tu as envie de bien manger ce n’est pas compliqué ! Tu veux te faire une soupe : rien de plus simple, tu achètes des bons légumes, cinq minutes d’épluchage, tu coupes, tu mets à cuire dans l’eau, tu reviens quinze minutes plus tard, tu mixes, un peu d’herbes, un peu de crème, tu aromatises comme tu aimes. Non seulement tu te régales et tu manges bien ! En prime tu n‘as pas dépensé plus cher que pour un produit industriel avec des tas de cochonneries dedans. C’est le type de notion que l’on devrait intégrer à l’école dès 4 ans.
On devrait avoir des programmes qui expliquent par exemple l’action néfaste de trop de sucres sur le cerveau, le foie, l’organisme et à contrario montrer l’effet des bons produits, des bons légumes. Ce sont des choses que j’aimerais bien illustrer car ça me tient vraiment à cœur et je vois tellement de gamins qui s’empoisonnent et des parents qui cautionnent, ça me déglingue !

Quelles sont tes autres passions ? 

La mer, le bateau, les voyages, la photo… En fait tout ce qui va toucher à la nature, le ski de randonnée, la pêche en mer.
Je suis passionné de décoration aussi, la nature inspire forcément. Tu as envie que l’intérieur ressemble à l’extérieur alors je fais des objets avec des éléments ramassés sur la plage. Avec les enfants on récupère des morceaux de bois et on en fait des poissons. On dessine sur le bois, je les scie, ils les poncent, on les peint, c’est chouette de créer des objets avec eux, uniquement avec des choses ramassées dans la nature et c’est toujours mieux que de passer du temps sur les tablettes ! 

 

Tu as deux enfants de 7 ans,
tu dessines avec eux ?  

Oui, je dessine avec eux. Après, ce n’est pas pour les mettre en avant, mais ils ont vraiment des prédispositions de dingue en dessin. Je ne leur montre pas, je les encourage à dessiner comme ils ont envie de le faire, de réaliser le dessin comme ils l’imaginent. Ils créent des choses très expressives et colorées.

Tu as une devise ? 

Ne pas attendre le lendemain pour faire les choses… encore moins
la retraite.

Propos recueillis par Olivia Lecocq

Remerciements à Meert, Lille,
pour leur accueil

> Retrouvez notre Escapade en Baie De Somme